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L'objet de ce blog sera une fanfic basée sur Saint Seiya qui a été concue,développée et écrite par Blacktiggs,Ayorsaint et moi même.Elle reprend l'histoire du manga et de l'anime aprés la bataille contre Hadés.Je souhaite animé ce blog réguliérement, par des publications réguliéres et en utilisant cette fanfic comme noyau d'un projet plus large mélant plusieurs média (vidéo, audio, fanart,....).

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A perte de vue et où que le regard puisse porter, il n'y a que champs de fleurs, plantes, forêts, animaux.La nature s'exprime dans toute sa magnificence en ce lieu où aucune limite à sa créativité n'a été donnée.Le jeune homme qui avance sur le chemin de marbre blanc ne peut arrêter de s'émerveiller devant tant de luxuriance. Cela fait déjà une demi-heure qu'il est arrivé ici et qu'il progresse sur la seule voie qui est tracée. Des bruits de pas se font entendre derrière la colline et il finit par distinguer au loin une silhouette drapée d'une longue cape blanche qui la recouvre totalement et dont les plis flottent au vent doux et léger qui parcoure l'immense étendue verte.Il porte une longue chevelure blonde nouée en catogan qui retombe vers le devant par dessus son épaule gauche. C'est tout ce qu'on arrive à déterminer à cette distance.Il accélère donc le pas afin d'aller au devant de cet hôte.La démarche assurée de ce dernier tranche avec l'apparente juvénilité de son visage.Ses yeux bleus donnent l'impression de voir un ange comme sur un tableau peint par un des maîtres de la Renaissance italienne. Les seules parties visibles de ce qu'il porte sont ses chaussures et elles laissent penser qu'il doit être vêtu trés richement tant les détails sont travaillés, ciselés, ornementés.Les voilà maintenant face à face.

 

Inconnu:"-Soyez le bienvenu ici, je suis Séraphe, le Maître du protocole."

 

Kiki:"-Merci pour cet accueil, je suis Kiki, chevalier du Sculpteur de la déesse Athéna.Je suis ici pour transmettre en son nom et en celui d'Héphaistos dont je dirige également les forges une missive au maître de ces lieux."

 

Séraphe:"-Dans ce cas veuillez me suivre jusqu'à son palais."

 

Il accompagne ses paroles d'un geste de la main en invitation qui ouvre sa cape et dévoile aux yeux du Saint ce qu'il avait subodoré, c'est à dire des vêtements d'une extrême richesse, couverts d'arabesques multicolores et ornés des plus précieuses gemmes, faisant écho en tout point au décor environnant.Kiki s'avance , répondant à l'hospitalité de son vis-à-vis.Les deux hommes progressent alors de concert dans un silence quasi-religieux , comme en respect de la beauté de ce lieu.Ils leur faut quelques minutes à un train soutenu pour finalement arriver à destination.Le bâtiment est immense et d'une hauteur incroyable.En dimension humaine, il s'étend sur huit cents mètres de longueur pour une largeur de quatre cents mètres.La pointe de la plus haute tour culmine à quatre cents mètres également.Les étages et les beffrois s'accumulent sous une forme presque pyramidale.L'escalier qui lui donne accès semble interminable.La totalité de ce palais est constituée de pierre blanche qu'aucune trace ne vient salir, contradictoirement avec la luxuriance verte qui sous entend une pluviomètrie très prononcée.L'ascension prend de longues minutes avant d'accéder à une terrasse qui donne un point de vue à l'infini dans chaque direction.Chaque ligne d'horizon, quelque soit l'endroit où l'on pose les yeux ne trouve de limite car de grandes ouvertures permettent d'embrasser sur trois cent soixante degrés le panorama.

 

Séraphe:"-Veuillez patienter ici, sur cette esplanade, le temps que je fasse part de votre requête auprès de mon maître."

 

Il disparait par un escalier qui dont l'accès se trouve en plein centre de l'étendue. Quelques minutes d'attente suffisent au chevalier du Sculpteur avant de voir revenir Séraphe avec un grand sourire qui fait comprendre que l'on est d'accord pour le recevoir.

 

Séraphe:"-Chevalier, je vous prie de m'accompagner.Zeus a hâte de vous recevoir."

 

Kiki:"-C'est un grand honneur qu'il me fait et je m'en montrerai digne."

 

Les deux hommes descendent les quelques marches qui donnent accés à une petite salle au fond de laquelle se trouve un porche entouré de deux grandes colonnes cylindriques.Un long couloir se dévoile dans l'étonnante clarté du lieu.Là où on aurait pu s'attendre à du baroque et à de l'éxubérance dans l'architecture , ce n'est que simplicité, de grandes surfaces blanches planes.Cet rigueur apporte paradoxalement une impression de puissance, conjugué avec ce que l'on retrouve à l'extérieur , on est bien dans le royaume du Roi des Dieux, de celui qui dirige la totalité de la Création.Ils arrivent enfin au bout de ce long corridor qui débouche sur une salle circulaire aux dimensions monumentales.Le plafond est fait d'une verriére qui culmine à une cinquantaine de mètres, elle est en coupole et donne une vue sur une sorte de puits entouré des éléments du palais.Les colonnes qui ceinturent cette pièce sont au nombre de douze, chacune portant le nom d'un Olympien gravé en immenses lettres d'or.A l'opposé de là où il se trouve, Kiki peut distinguer un siège de marbre bleu qui dénote dans toute cette blancheur.Personne ne l'occupe, où du moins le pense-t-il car le siège pivote et dévoile celui qu'il est venu voir, Zeus.Kiki est étonné car il n'a ressenti aucun cosmos et pensait donc être les seules personnes présentes avec Séraphe.Le regard interrogateur qu'il porte au maître du protocole amène cette réponse directement dans son cerveau sans que quiconque ne s'exprime oralement.

 

Séraphe:"-La salle du Trône est comme une salle "blanche" d'hôpital pour les bactéries et microbes , aucun cosmos ne peut s'y développer.D'où ta surprise.Et oui, je lis dans les pensées et je communique par télépathie.C'est pourquoi je peux te répondre avant même que tu ne formules tes questions.C'est pour cela que c'est moi qui suis chargé de l'accueil des visiteurs.Dès que j'ai pu, c'est à dire à peine quelques secondes aprés ton arrivée sur l'Olympe, je t'ai sondé.C'est pour cela que tu es ici, tes intentions sont pacifiques et honorables."

 

Le Saint reste stupéfait de cette révélation qui lui fait comprendre que malgré ce qu'il pensait vaniteusement de ses pouvoirs télékinésiques,ils sont très limités, n'ayant pas réussi à découvrir à si faible proximité un pouvoir similaire et surement mille fois supérieur au sien.Alors que le Dieu des Dieux se relève et s'avance d'un pas en leur direction, le Maître du protocole s'adresse à lui en inclinant légèrement la tête et en posant une main sur l'épaule de Kiki, lui faisant comprendre que lui aussi doit marquer du respect en s'inclinant et en ne bougeant pas afin de marquer la distance entre le divin et l'humain.Les mots utilisés par Séraphe marque également cela en utilisant la formule la plus adéquate.  

 

Séraphe:"-Votre Altesse, voici le messager d'Athéna et d'Héphaistos."

 

Zeus:"-Exprimes-toi, chevalier."

 

Kiki:"-C'est un honneur pour moi, simple mortel, d'être en votre présence, Majesté.L'objet de ma visite est une demande que je dois transmettre à l'ensemble des Olympiens.Pour cela, j'invoque aux noms des Dieux dont je suis le porte-voix le droit accordé à chacun d'entre eux de convoquer le Grand Conseil.Une crise majeure est en train de s'amorcer et pourrait impliquer la totalité du Panthéon grec si rien n'est fait.Mon message doit donc être transmis à tous en même temps afin de la résoudre."

 

Zeus:"-Je ne peux qu'accéder à ta requête."

 

Les yeux de Zeus s'illuminent et d'une voix qui fait résonner chaque atome de ce qui l'entoure, il lance son appel.

 

Zeus:"-Dieux de l'Olympe, par mon autorité et ma volonté, je vous convoque en ces lieux pour le Grand Conseil.Veuillez répondre dans les plus brefs délais, la situation le requiert."

 

C'est d'abord Héra qui se manifeste en faisant entendre sa voix en même temps que les lettres de la colonne qui porte son nom s'illuminent.

 

Héra:"-Me voici ,mon époux."

 

Kiki comprend alors que chacun des autres dieux ne sera pas présent physiquement et de nouveau obtient une réponse sans qu'il ne le formule sur ce processus par des mots si doux dans son cerveau qu'il ressemble à un chuchotement à l'oreille.

 

Séraphe:"-Chacune des pilastres comportent en son coeur une goutte de sang divin de celui ou celle qu'elle nomme.Un lien direct ainsi qu'une symbolisation que l'Olympe repose sur eux , tout comme ce palais sur ces piliers porteurs."

 

Tour à tour,chaque nom doré s'éclaire.Chronologiquement ,ce sont Poséidon, Apollon, Artémis, Déméther, Aphrodite, Hermès puis Dionysos qui répondent.Un grand silence règne dû au fait que c'est l'instigateur de cette assemblée qui doit prendre la parole en premier.Les quelques mots de son épouse n'ont pas dérangés Zeus sur cette règle du fait de leur lien particulier.

 

Zeus:"-Chevalier d'argent du Sculpteur, Saint d'Athéna, à toi la parole."

 

Pris d'une boule à l'estomac devant cette situation , Kiki s'avance au centre de la salle et aprés un temps d'hésitation sur l'opportunité de ce geste dissipé par l'acquiescement de Séraphe, il se lance d'une voix chevrotante.

 

Kiki:"-Dieux de l'Olympe, je me présente à vous en tant que messager d'Athéna et d'Héphaistos.Comme vous le savez surement, Athéna est actuellement en Guerre Sainte avec Arès qui l'a attaqué.Héphaistos a décidé d'apporter son concours à mes compagnons d'armes.Il vient de rejoindre ma Déesse sur le champ de bataille et m'a confié une mission juste avant son départ, d'où ma présence devant vous.Si malgré son alliance avec Athéna , Arès sortait vainqueur, sa cible suivante serait l'Olympe.En prévision d'une telle issue, il vous propose de constituer une armée qui aurait pour objet la défense de cette terre sacrée.Chacun d'entre vous y apporterait sa contribution.Héphaistos mettra à votre entière disposition tous les moyens de ses Forges que je dirige afin de fabriquer tout artefact qui serait nécessaire, armes, armures, engins,...Laissez-moi vous exposer les raisons qui doivent vous pousser à accepter:premièrement, vous vous protègerez d'une grande menace tout en limitant les éventuelles pertes car il est évident qu'Arès ne s'arrêtera pas qu'à l'Olympe; deuxièmement , vous n'enfreindrez pas la loi divine qui interdit de vous attaquer frontalement, vous ne ferez que vous défendre face à un danger ; troisièmement, les objets réalisés par les Forges d'Héphaistos resteront vôtres quelque soit l'issue finale.A vous maintenant de décider."

 

Zeus:"-Etant le premier concerné, j'accepte sans restriction la proposition de mon fils et de ma fille.Que chacun d'entre vous se prononce à tour de rôle aprés que je l'ai appelé.Dionysos?"

 

Dionysos:"-Les arguments avancés sont on ne peut plus convaincants et intéressants, j'apporte donc tout mon soutien."

 

Zeus:"-Héra?"

 

Héra:"-Je vous suis , mon époux."

 

Zeus:"-Démether?"

 

Démether:"-Je ne prendrai jamais part à quelque combat que ce soit, je suis pacifiste.Je ne me joindrai donc pas à ce périple."

 

Zeus:"-Artémis?"

 

Artémis:"-Oui, définitivement oui."

 

Zeus:"-Apollon?"

 

Apollon:"-Je me joins à l'avis de ma jumelle."

 

Zeus:"-Poséidon?"

 

Poséidon:"-Ayant déjà soutenu Athéna par le passé , je ne peux que continuer en acceptant de m'engager."

 

Zeus:"-Hermès?"

 

Hermès:"-Je suis la majorité, c'est donc oui."

 

Zeus:"-Aphrodite?"

 

Aphrodite:"-Je suis déjà impliquée indirectement dans ce conflit.Je n'ai donc pas besoin de participer."

 

Sur ces mots, la colonne qui porte son nom s'éteint immédiatement, laissant l'assemblée sans réponse sur cette phrase lapidaire.Comme passant sur cela comme sur un détail , Zeus reprend la parole et donne ses directives, invitant chacun des participants à cette coalition inédite depuis la Titanomachie à faire venir sur les terres de l'Olympe dans les plus brefs délais les troupes qu'ils ont acceptés d'engager.Il invite Kiki à rester le temps nécessaire à la planification de ce projet et lui donne la lourde responsabilité de prendre le commandement de ces troupes hétéroclites.

 

Il faut quelques jours pour mener cette tâche à bien et revenir auprés d'Héphaistos aprés avoir laissé la garde du Sanctuaire de Zeus à une armée composée entre d'Amazones,de Mariners commandés par Sorrente et de divers guerriers de toutes origines et armés par les mains de Kiki.  

Je me lance dans une nouvelle fanfic sur Saint Seiya, elle s'apelle Enigma et traite d'un sujet différent de La menace de l'ombre.

Je vous propose les deux premiers chapitres:

"Enigma"

Une tendre caresse frôle son visage. Il ouvre un oeil ,la lumière du jour qui filtre par l'entrebaillement des doubles rideaux lui fait comprendre que l'heure est déjà bien avancée. La soirée poker d'hier soir s'est prolongée très loin dans la nuit, trop loin. Il se retourne à la recherche de son réveil.

"-Pousses-toi de là Pupuce!"

D'un geste brusque, il déplace le chat qui vient juste de le réveiller à la quête d'un calin matinal. Les aiguilles annoncent neuf heures quinze minutes.

"-Oh non! Pas encore! Il va me tuer! Vite mes habits!"

Il saute de son lit , attrape le pantalon et le T-shirt qu'il portait la veille et qu'il enfile, ou du moins tente d'enfiler dans la précipitation, sautillant en passant une jambe puis l'autre. Il se heurte à la table de son séjour, ne voyant plus où il va avec la tête encore à l'intérieur de son maillot dont il n'a pas encore réussi à passer le col. Il attrape ses chaussures qu'il a laissé sur la chaise dans l'entrée et passe sa porte qu'il peine à fermer à clef, jonglant entre son trousseau et les deux baskets qui passent de main en main. Une fois verrouillée, il entame une course contre la montre dans les rues, d'abord pieds nus puis petit à petit chaussé au fur et à mesure de ses acrobaties pour finir de se vêtir. Après son gymkana effréné dans le dédale du petit village qui jouxte le Sanctuaire , il arrive enfin en vue de la maison de son maître .Sans frapper , il pénêtre dans la pièce principale et s'arrête net, essouflé , à la recherche de tout l'oxygène qu'il pourra inspirer pour récupérer. Quelque soit l'endroit où l'on pose les yeux dans cet endroit sombre, on ne peut voir que des livres empilés ou côte à côte, au sol , sur des étagères , sur les meubles. Aucun espace n'est épargné par cet invasion excepté le petit bureau juste au fond de la pièce et devant lequel est assis un vieil homme aux longs cheveux aussi blancs que la lumière émise par la lampe qui éclaire son espace de travail et qui est la seule source de clarté de cet antre. Sans se retourner et toujours appliqué sur le parchemin qu'il étudie, il s'adresse à son disciple:

"-Quelle sera ton excuse cette fois-ci? Et puis non, peu importe de toute façon. Tu n'échapperas pas à une punition aujourd'hui."

"-Maître , veuillez encore m'excuser de mon retard. Quelque soit votre décision, je m'y plierai."

"-Depuis le temps que cela doit être fait, c'est toi qui aura la lourde tâche de faire l'inventaire des carnets mensuels de 1900 à 1950, soit environ 600 livres à trier, vérifier, répertorier et ranger dans l'ordre.Rends-toi immédiatement à la grande bibliothèque et n'en ressors qu'une fois la sanction accomplie."

Obéissant sans attendre , il ressort et rejoint le bâtiment qui garde la mémoire du Sanctuaire d'Athéna depuis des temps immémoriaux. Il se dit qu'il a bien mérité cette punition mais ne peut s'empêcher de grommeler à l'idée de devoir éplucher des milliers de pages où ne sont répertoriés que la comptabilité courante des fournitures nécessaires à la vie courante.

C'est ainsi que Lucas, jeune apprenti de Victor, lui même bibliothèquaire des archives du Sanctuaire, chargé de la conservation, de la restauration et de la mise à jour de tous les documents qui s'y trouvent , est devenu l'un des acteurs d'un des plus grands secrets du Sanctuaire. Lors de cette tâche ingrate, il a fait une découverte qui a changé sa vie à tout jamais.








Et voici le deuxiéme chapitre:


"E"


Voilà plus de quatre heures qu’il parcoure les rayonnages de l’immense bibliothèque dans des allers- retours incessants , à la recherche des fameux carnets qu’il doit inventorier. Au fur et à mesure des consultations, de remises en place hasardeuses selon l’étourderie ou tout simplement la paresse de l’emprunteur qui remet n’importe où le volume dont on se demande d’ailleurs pourquoi on a ressenti le besoin de parcourir les colonnes interminables de chiffres . Encore un petit effort , quelques mètres et il pourra enfin se libérer de ce poids , de cette énorme pile qu’il maintient difficilement en équilibre grâce à son menton qu’il appuie au sommet de cet amoncellement si poussiéreux qu’il a un mal fou à ne pas éternuer à chaque respiration. Enfin , voilà la table où il s’empresse de déposer son fardeau. Plus qu’une dizaine de bouquins à retrouver et le long travail de classification pourra débuter .Quel malheur aussi que cet incendie qui a , à la fin des années cinquante , détruit les fiches où étaient enregistrés le rangement exact de chaque livre. Quel destin!En constatant la situation où il est en ce moment , c’est ce qu’il lui passe par la tête , lui qui était venu dans l’espoir de devenir chevalier et qui se retrouve en rat de bibliothèque , apprenti d’un vieux bougon dont le seul centre d’intérêt est le livre, dans tous les sens , aussi bien de sa fabrication que de son contenu .Il passe son temps sur ce sujet que ce soit dans la réparation , la restauration , la conservation que de leur archivage. Lorsqu’il ne travaille pas sur eux , il les lit. Tel un puits sans fond, il n’est jamais rassasié, il passe la moindre seconde de son temps avec un bouquin sous les yeux. Ce bon vieux Victor ne sait que parler de son sujet préféré. Il est comme un poisson dans l’eau contrairement à lui ,Lucas, qui est resté en quelque sorte sur la berge d’un océan de bonheur. Ce jeune homme de seize ans, du haut de son mètre soixante quatorze ,cheveux blonds en courte brosse , yeux bleus fait un peu tâche d’encre dans cet univers. Depuis qu’il est petit et aidé par le décor de monastère du quatorzième siècle où il a grandi , il a toujours rêvé de preux chevaliers. Ils étaient au centre de leurs jeux, de lui et de ses amis de l’orphelinat Saint François . Il a pris connaissance de l’existence des Saints par la diffusion à la télévision des combats du Tournoi Intergalactique. Il a tout de suite accroché, les valeurs que défendaient ces nouveaux héros modernes collaient tout à fait à ses idéaux. En trois jours, sa décision était prise , il a quitté son travail d’apprenti- boulanger à Paris et du haut de ses quatorze ans, il a tout abandonné et est parti sur les routes avec son baluchon, direction Athènes. Il n’a même pas pris le temps de dire au revoir à ses compagnons de l’institution où il a toujours vécu . Après quelques jours de trajet, il a atteint son objectif, la vieille ville hellénique .Il a passé quelques semaines dans les rues à dormir sous les cartons, les ponts, les porches, mendiant pour subsister volant par moment, jusqu’à entendre finalement parler du Sanctuaire par les bruits courants dans ce milieu marginal. Il a fini par trouver un sésame pour y accéder. En soudoyant un fournisseur de denrées alimentaires contre quelques heures de travail au noir, il a pu se dissimuler dans un chargement à destination du lieu sacré. Il s’est évidemment fait prendre par un des gardes qui l’a chassé mais en lui indiquant ironiquement qu’il pourrait peut être trouver du travail au village de Rodorio , un travail à la hauteur de ses « énormes talents » de chevalier. Il l’a pris au mot et s’est rendu à cet endroit tout proche où il a effectivement été embauché. Cela fait maintenant deux ans qu’il occupe ce rôle de larbin pour son maître Victor. Pour ainsi dire sa situation n’a pas changée ,il est toujours apprenti dans un métier ingrat , aux ordres d’un homme au mauvais caractère et qui ne voit en lui qu’un exutoire pour ses coups de sang. Il se console tout de même un peu car malgré tout il approche de près son rêve , la chevalerie d’Athéna .Il connaît leur histoire, leurs faits d’armes. Il touche du doigt le mythe qu’ils représentent .Par moment il peut entendre les éclats de bruits des entraînements de ceux qui ont réussi à pénétrer ce nirvana qu’il ne peut que rêver. Il a le son mais pas l’image , frustration on ne peut plus grande pour lui qui ne peut qu’imaginer ce qu’il ne peut voir, se basant sur ce qu’il a pu lire, se faisant réalisateur d’un péplum à la hauteur de ses espoirs déçus .Il est comme les domestiques dans les châteaux forts au Moyen Age, restreints à accomplir les basses œuvres dans l’entourage des grands , tâches nécessaires au bon fonctionnement de la place forte mais cantonnés à évoluer à la périphérie , ne pouvant approcher mais entendant le brouhaha d’une vie trépidante mais inaccessible. Il ne peut mieux comparer sa situation , enfermé qu’il est dans ce bâtiment qui se trouve à la bordure du domaine sacré. Seules les personnes subalternes viennent y chercher ou y amener des documents. Aucun chevalier à sa connaissance n’y a plus mis les pieds depuis des lustres. Assez rêvassé, il est temps de revenir à la réalité et de terminer sa tâche. Un dernier voyage et voilà réuni l’ensemble des carnets de la première moitié du vingtième siècle. Un long et lent travail de classement commence. D’abord par année, puis pour chaque année par ordre chronologique dans les mois .Une cinquantaine de piles identiques finissent par envahir les trois mètres de la table qui lui sert de plan de travail. D’un geste de la main sur toute la largeur de son front et d’un grand soupir, il annonce sa satisfaction et son soulagement d’en être enfin venu à bout .L’examen minutieux de chacun des exemplaires peut commencer. De longues heures d’étude attentive page après page, à la recherche de dégâts , de défauts , de preuves d’humidité, de tout outrage dû au temps, s’accumulent. Plus qu’une vingtaine et il pourra enfin aller dormir .Il n’aura plus à se battre avec ses paupières qui ne demandent qu’à tomber. Soudain un détail lui saute aux yeux malgré la fatigue. Cette ligne, ce n’est pas la première fois qu’il la voit. Plutôt inattendu comme fournitures. Ca aurait pu passer inaperçu mais c’est au moins la quatrième fois qu’il la retrouve. Piqué de curiosité , il reprend certains livrets et après vérification c’est à six reprises au cours de la même année que cet achat plutôt incongru à été répertorié par l’économe de l’époque. Il place les bouquins en question l’un à côté de l’autre afin d’essayer de comparer, de trouver une explication. Même article, même quantité et même prix, la seule chose qui change c’est la date. Quoique…après un petit calcul , les dates aussi sont soumises à une logique, l’écart entre chaque est identique. Trop harassé pour poursuivre un raisonnement qui explique tout cela ,il laisse tomber , se disant que le plus gros est fait et que Victor passera sur cet inachèvement étant donné l’ampleur au départ. Il prend la direction de la sortie , laissant le tout en plan. Il attrape son manteau au passage et sort dans l’air plutôt frisquet de la nuit grecque. L’heure est déjà très avancée , seule la lueur blanchâtre de la Lune dévoile par des jeux d’ombres le décor qui l’entoure. Il finit par arriver devant la porte de sa modeste demeure et s’apprête à introduire sa clef quand un grand fracas se fait entendre à l’intérieur.

Lucas: « - Qui est là? Répondez!… »

 

 

 









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